L'exploitation

Une ferme qui cultive hors du sol, et qui ouvre ses portes.

Quelques milliers de plants, une serre ventilée, des gouttières remplies de fibre de coco et un carnet de culture tenu tous les jours. Voici comment on produit des salades propres et régulières sur la côte ouest, là où l'eau se mérite.

  • Bourail, côte ouest
  • Culture sous serre
  • Substrat de fibre de coco
  • Irrigation au goutte à goutte
Paysage agricole de Bourail, collines vertes sous un ciel tropical

La commune de Bourail, entre collines sèches et lagon : un climat généreux, une eau précieuse.

Le savoir-faire

Carte d'identité

Une exploitation, une méthode, une envie de transmettre.

Le lieu
BourailCôte ouest de la Grande Terre, Nouvelle-Calédonie.
La culture
Hors-sol sous serreSalades, jeunes pousses et herbes aromatiques, toute l'année.
Le substrat
Fibre de cocoUn coproduit de la noix, rincé, réhydraté, puis rendu à la terre.
La transmission
Organisme agrééFormatrice agréée par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Agrément n° 2023/1799

Dominique Burguière est agréée comme formatrice par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Trois spécialités déclarées, qui disent bien ce que fait cette ferme quand elle ne cultive pas.

  • 211Productions végétales
  • 312Commerce vente
  • 320Communication plurivalente
Voir les formations
Dominique Burguière dans sa serre de salades hors-sol

Dominique Burguière

Maraîchère et formatrice

L'histoire

Tout a commencé par une saison perdue.

Je cultivais en pleine terre, comme on m'avait appris. Une saison chaude plus violente que les autres a suffi : des planches entières de laitues montées en graine, des feuilles marquées, une terre qui ne retenait plus rien. J'ai compris que le problème n'était pas mon travail, mais la façon dont je le faisais.

J'ai passé des mois à lire, à écrire à des producteurs, à visiter des serres. La fibre de coco revenait partout : un déchet de la noix, rincé et compressé, qui devient un substrat propre, léger, capable de retenir l'eau tout en laissant respirer les racines. J'ai monté mes premières gouttières avec un ami soudeur, et j'ai planté trois cents laitues pour voir.

Elles ont poussé. Pas parfaitement, la première fois : un rinçage insuffisant, une conductivité trop haute, des pointes de feuilles brûlées. Mais elles ont poussé propre, régulières, et je savais exactement pourquoi ça avait raté là où ça avait raté. C'est la grande différence avec la pleine terre : ici, tout se mesure, donc tout se corrige.

Aujourd'hui la serre tourne toute l'année. Je livre des restaurateurs, des familles, des revendeurs. Et depuis que je suis agréée comme formatrice par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, je passe autant de temps à expliquer qu'à cultiver. C'était l'idée depuis le début : ce savoir-faire n'a aucun intérêt s'il reste dans ma serre.

On ne devient pas maraîcher parce qu'on aime les plantes. On le devient parce qu'on accepte de recommencer chaque semaine.
Le savoir-faire

Trois gestes qui font toute la différence.

Une culture hors-sol ne pardonne pas l'approximation, mais elle récompense la méthode. Voici ce qui structure une journée à la serre.

  1. 01

    Choisir la variété

    Toutes les laitues ne supportent pas la chaleur calédonienne. Je garde celles qui tiennent la saison chaude sans monter en graine, et je fais tourner les autres au fil de l'année.

  2. 02

    Piloter la solution

    Le pH et la conductivité se relèvent matin et soir. Un point de dérive, et je corrige avant que la culture ne le montre. C'est ce relevé, banal, qui fait toute la régularité.

  3. 03

    Couper au bon moment

    Une salade se coupe quand elle est prête, pas quand la commande arrive. J'échelonne les semis pour avoir chaque semaine des plants au bon stade, et je récolte à la fraîche.

Longue serre de salades hors-sol sur gouttières, lumière du matin

La journée commence à cinq heures et demie, avec le relevé des bacs.

Le parcours

D'une saison perdue à un pôle de transmission.

  1. Les débuts

    En pleine terre, à Bourail

    Des planches de laitues, un tuyau et beaucoup d'énergie. On apprend le climat, les vents, les saisons qui ne ressemblent à rien de ce qu'on lit dans les livres.

  2. 2019

    Les premières gouttières

    Trois cents plants sur un montage artisanal, sous une serre montée avec un ami soudeur. Le premier essai de culture hors-sol, pour voir si l'idée tenait debout.

  3. 2021

    Le passage complet à la fibre de coco

    Toute la production bascule sur substrat de coco. Les rendements se stabilisent, la qualité aussi, et la consommation d'eau chute nettement.

  4. 2023

    L'agrément de formatrice

    Agrément n° 2023/1799 délivré par le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie : productions végétales, commerce et vente, communication plurivalente. La transmission devient officielle.

  5. 2025

    Les visites et la vente directe

    L'exploitation ouvre ses portes : visites guidées, groupes scolaires, retrait à la ferme. Les clients viennent chercher leur cagette là où elle a poussé.

  6. Aujourd'hui

    La boutique en ligne et l'académie

    Produits frais, substrats, plants et guides d'un côté ; formations en vidéo et en présentiel de l'autre. Une même exploitation, deux façons de la faire vivre.

Blocs de substrat de fibre de coco compressés et empilés
La culture hors-sol

Une noix de coco, une salade, et beaucoup de mesure.

La fibre de coco est ce qui reste autour de la noix une fois la coque retirée. Compressée en blocs, elle se transporte à sec. Sur place, on la réhydrate : un bloc de cinq kilos gonfle et donne de quoi remplir plusieurs bacs. On la rince pour évacuer les sels marins qu'elle contient naturellement, on vérifie son pH, et elle est prête.

À partir de là, tout ce que la plante reçoit passe par l'eau. C'est ce qui effraie au début, et c'est en réalité la meilleure nouvelle : on ne subit plus un sol dont on ignore la composition, on décide. Une carence se corrige en une journée. Un excès se dilue.

  • Le substrat ne nourrit pas la plante : il la soutient et retient l'eau.
  • La solution nutritive apporte tout, dosée selon le stade et la saison.
  • Le pH et la conductivité sont relevés deux fois par jour, et notés.
  • Un bloc de coco sec de 5 kg donne près de 70 litres de substrat prêt.

Ce que le hors-sol change vraiment, au quotidien.

  • L'eau

    Chaque litre sert la plante

    L'eau est apportée goutte à goutte, au pied du plant, en petites doses répétées. Ce qui draine est récupéré au lieu de s'infiltrer. Sur une saison, l'économie face à un arrosage en pleine terre est considérable, et c'est décisif ici.

  • La qualité

    Une feuille propre, une racine blanche

    Sans sol, pas de projection de terre sur les feuilles, pas de maladies telluriques. La salade arrive entière, avec sa motte, et se conserve beaucoup plus longtemps qu'une salade lavée trois fois.

  • La régularité

    La même qualité en janvier et en juillet

    Sous serre et sur substrat maîtrisé, la culture dépend beaucoup moins des caprices du ciel. Les semis sont échelonnés, la production suit un rythme hebdomadaire, et les clients savent ce qu'ils auront.

  • La propreté

    Un substrat traçable, réutilisé puis rendu

    La fibre de coco est un coproduit de la noix. Elle est rincée avant usage, sert une saison de culture, puis part en amendement dans les plantations. Rien ne se perd, et on sait toujours d'où elle vient.

Les étapes de production

Le trajet d'une salade, de la graine à la cagette.

Six moments, répétés semaine après semaine. Les semis sont échelonnés pour qu'il y ait toujours, quelque part dans la serre, une série au bon stade.

  1. 01

    Le semis

    Une graine, une motte

    Chaque graine part dans sa propre motte, jamais en pleine planche. Le semis est daté et noté : c'est ce numéro qui suivra la plante jusqu'à la cagette, et qui permet de savoir, six semaines plus tard, pourquoi telle rangée est plus belle que la voisine.

  2. 02

    La levée

    Sous ombrière, à l'abri du plein soleil

    Les premiers jours se passent au frais, à l'ombre et en humidité constante. Sous le climat de la côte ouest, une jeune pousse laissée en plein soleil grille en une après-midi. On attend les vraies feuilles avant de sortir les plateaux.

  3. 03

    Le repiquage

    Le jour où la motte rejoint le coco

    La motte est posée dans la fibre de coco réhydratée, à l'espacement qui convient à la variété. Trop serré, les feuilles se gênent et la maladie s'installe. Trop large, on gaspille de la serre. Cet écart, on le corrige d'une série à l'autre.

  4. 04

    La conduite

    Deux relevés par jour, tous les jours

    Le pH et la conductivité de la solution se mesurent matin et soir, et se notent. Les apports d'eau suivent la chaleur du jour, pas le calendrier. C'est la partie la moins spectaculaire du métier, et c'est celle qui décide de tout.

  5. 05

    La coupe

    À la fraîche, avec sa motte

    On récolte tôt, quand la plante est encore gorgée de la nuit. La salade garde sa motte : elle continue de vivre jusqu'à votre cuisine et se conserve bien plus longtemps qu'une salade coupée puis lavée trois fois.

  6. 06

    Le départ

    En cagette, le jour même

    Mise en cagette, comptée, et partie. Restaurateurs, familles, revendeurs : le circuit reste court par construction, parce que la fraîcheur d'une salade se perd en heures, pas en jours.

Rien de tout cela ne s'apprend dans un livre. Cela se regarde, puis cela se refait avec ses propres mains.

Apprendre la méthode
La visite filmée

Entrer dans la serre, sans quitter votre fauteuil.

Une visite guidée en images, tournée entre deux séries de repiquage. Elle sera déposée ici même, sur le site, sans compte extérieur à ouvrir.

Visiteurs guidés entre les rangées de culture hors-sol de l'exploitation

Une matinée dans la serre

Tournage en cours

En attendant, venez la faire en vrai

Le rinçage des blocs, le repiquage, les mesures du jour et la coupe. Trente minutes pour comprendre ce qui se joue vraiment sous un tunnel.

Vidéo hébergée sur le site

Au programme

  1. 01

    Le bloc de coco

    Réhydratation, rinçage, contrôle du pH avant la mise en bac.

  2. 02

    La gouttière

    Repiquage, espacement, réglage des goutteurs, plant par plant.

  3. 03

    Le relevé du matin

    Conductivité, pH, température : les gestes qui tiennent la culture.

  4. 04

    La coupe

    Récolte à la fraîche et mise en cagette, avec la motte.

En images

La serre, la fibre, les mains.

Quelques images prises au fil des semaines, entre deux relevés.

  • Longue serre de salades hors-sol sur gouttières, lumière du matin
    La serre au petit matin
  • Mains tenant un jeune plant de laitue en motte
    Un plant prêt à repiquer
  • Macro de fibre de coco brune travaillée à la main
    La fibre, de près
  • Rangées de laitues en pleine croissance sur substrat coco
    Deux semaines avant la coupe
  • Goutteurs et irrigation au pied des plants
    Le goutte à goutte
  • Cagette de salades fraîchement récoltées
    La cagette du jour
  • Blocs de substrat de fibre de coco compressés, empilés
    Les blocs, avant réhydratation
Les engagements

Six promesses tenues tous les jours.

Pas de label acheté ni de grande déclaration : des habitudes de travail, vérifiables sur place.

  • L'eau comptée

    Aucun arrosage à l'aveugle. Les apports sont calés sur la chaleur du jour et le drainage est récupéré. Sur la côte ouest, économiser l'eau n'est pas un argument, c'est une condition.

  • Un carnet de culture tenu

    Dates de semis, relevés de pH et de conductivité, interventions : tout est noté. Les clients professionnels qui le demandent peuvent le consulter.

  • Le substrat rendu à la terre

    La fibre de coco sert une saison de culture, puis part en amendement dans les plantations du secteur. Elle finit sa vie en nourrissant un sol.

  • Des emballages sobres

    Cagettes réutilisées de commande en commande, sachets réduits au strict nécessaire. Une salade propre n'a pas besoin d'être suremballée.

  • Le circuit le plus court possible

    Coupé à Bourail, livré en Nouvelle-Calédonie. Pas d'intermédiaire inutile entre la gouttière et votre cuisine.

  • La transmission avant tout

    Chaque technique éprouvée finit en formation, en visite ou en conseil. Une exploitation qui garde ses secrets ne fait avancer personne.